Dérisoire…

Devant les profits monstrueux et insolents des boites du CAC 40 en pleine crise, notre Président de la République à nous tous avait annoncé une loi destinée aux laissés-pour-compte de la richesse.

1000 € de prime pour le pouvoir d’achat avait claironné notre Sarko bientôt débordé par son ministre Baroin avec 1200 € !

Cette annonce à la démagogie préélectorale coutumière du politique a quand même donné naissance à une loi récemment promulguée.

Elle impose de négocier, pas d’arriver à un résultat. Pas d’obligation sérieuse donc.

Mais les conditions pour être concerné par la loi sont devenues telles que seule une poignée d’entreprise sont concernées, puisqu’il faut notamment que la boite ait versé des dividendes moyens en hausse sur 3 ans pour faire simple. En pleine crise donc.

Miracle, PPR vers qui remonte le pognon que nous générons en « suant le burnous » est dans la nasse, en effet les dividendes y ont été à la hausse, crise ou pas !

Comme tous les « Fnicards » de base, on a cru qu’on avait gagné au Loto, il faut dire que la « Prime sur le Partage des Profits » nous a rendus optimistes, en raison de la hauteur des profits précisément.

A peu près 450 millions d’euro de dividendes, ça fait abondamment saliver pour le partage.

Par ailleurs, il n’y a pas de montant maxi pour cette prime, elle est juste exonérée de cotisations sociales jusqu’à 1200€, mais on en aurait volontiers payé aussi.

Tout à notre bonheur qui s’annonçait, nous n’avions pas pris la mesure du sens que la Fnac donne au mot « partage ».

De là, une petite déconvenue à l’annonce des 200€ bruts, soit 180 en net.

Pour les fumeurs, c’est l’augmentation à venir du prix des clopes.

En étant généreux et à la louche, ça représente 2 millions d’euro pour 10 000 salariés, en s’approchant un peu et armés d’une loupe, cela nous donne un 0,0045% des profits à se partager à 10 000 !

Sous microscope électronique cette fois, on arrive enfin à 0, 00000045 des profits par salarié, et encore avons-nous calculé sur le brut. C’est un niveau où il n’y a plus de synonyme pour « partage ».

Si la loi en question ne dit rien sur la notion de partage, elle stipule simplement que cette prime ne doit pas être dérisoire, elle est aussi muette sur la notion de mépris.

 

Encore un effort, patron…

Voilà enfin une bonne nouvelle pour oublier la grisaille de la crise, nous pouvons nous féliciter d’avoir contribué collectivement à la prospérité de quelques uns.

En effet, c’est ce 19 mai que s’est tenue l’assemblée générale des actionnaires de PPR, et la docte assemblée a adopté à 99,8 % la distribution d’un dividende de 3.50€ par action.

Le dividende semble ignorer la crise puisqu’il est en augmentation de 16.5% sur 2009.

Ce sont donc un peu plus de 472 millions d’€ qui seront distribués aux actionnaires cette année pour l’exercice 2010.

 

Certes ces montants paraissent un peu irréels aux « Fnicards de base » pris dans les injonctions quotidiennes à vendre des garanties et services, des produits éventuellement et à encaisser le tout.

Pour mieux comprendre, vu de notre marécage, ça représente presque 36 000 années de SMIC…sans les charges.

 

Vous pourrez néanmoins vous habituer puisqu’il est prévu de verser respectivement 3.89 et 4.50 euro pour les années 2011 et 2012, soit + 11.1% en 2011 et 11.16% en 2012.

Au titre de l’anecdote, la 14ème résolution présentée a été rejetée, celle qui envisageait une augmentation du capital en faveur des salariés.

Rejetée à 71,1%, il doit y avoir des socialistes dans l’assemblée…

Mais cette bonne nouvelle pour l’actionnaire pourrait être tempérée par l’annonce à peine électoraliste du gouvernement qui voudrait qu’un rab de participation soit versé dans les entreprises qui distribuent des dividendes en hausse, et nous avons le profil qui convient.

Evidemment, le principe de cette prime est critiquable en ce qu’il oublie la majorité des salariés des petites boites, qu’il ne participe pas à la solidarité à travers les charges sociales et que nous avons besoin de véritables augmentations de salaires.

Pour autant nous ne cracherons pas sur les 1200 euro voire plus que voudra bien nous accorder l’employeur en attendant un partage plus équitable et durable.