Arbitraire Toulousain

C’est triste pour tous ceux qui l’ont bien connue et appréciée, Aurélie a disparu, victime de ce qu’il faut bien appeler l’arbitraire patronal.

Notre jeune collègue a été licenciée pour un motif futile et dispensée d’exécuter son préavis, car en effet n’intervenant que le samedi pour 9 heures elle représente un grave danger pour l’Ets avec son mètre soixante et ses 50 kg.

Au terme d’un charabia indigeste et longuet, il lui est reproché de s’être emportée avec un collègue, ce qu’elle conteste et d’avoir donné une image « déplorable » de l’entreprise ce dont un client (« one qui plus est » !) se serait opportunément plaint auprès du directeur, ce client n’ayant pas pu être identifié.

Pourquoi donc tant de haine ? Est ce parce que, lors de l’entretien préalable, elle a, du haut de sa vingtaine d’années, fait valoir quelques arguments qui méritent d’être entendus et qui furent d’ailleurs soulevés pour d’autres salariés par un représentant du personnel ? Un ego froissé ?

Nous qui n’en disposons pas, nous interrogeons sur le plaisir de l’exercice du pouvoir et de son abus envers un plus faible…

Au demeurant, même si ce qui lui a été reproché était réel, tout le monde conviendra que la sanction est sans commune proportion avec la faute alléguée.

A ce sujet, s’il faut comparer la gravité des fautes, notre direction locale aurait des motifs sérieux de s’auto-licencier pour avoir manqué à ses obligations :

Pour deux salariées licenciées pour inaptitude, la société n’a pas respecté les obligations mises à sa charge par le Code du Travail, les collègues qui ont saisi les Prud’hommes aidées par le syndicat CGT ont eu gain de cause devant cette dernière juridiction, et ont obtenu confirmation de la décision devant la Cour d’Appel récemment.

La faute commise par cette même direction, si intransigeante avec Aurélie, va au final représenter plus de 65 000 euros, + les honoraires d’avocats en première instance et en appel, ce qui est une paille outre l’image de la société qui s’en trouve écornée, les décisions judiciaires sont publiques…

Notre direction s’est auto-absoute de sa faute, mais si un One se plaint ?

A qui le tour ?

Un employé du rayon EGP de la FNAC de Rouen vient d’être licencié parce qu’il parle avec un « ton véhément ».

Novembre 2009 : S.D est embauché d’office en C.D.I. par oubli de renouvellement de son contrat C.D.D.

Décembre 2009 : S.D est embauché à l’échelon de 3.1 au lieu de 1.3 encore par erreur.
L’entreprise venant de commettre 2 erreurs successives ne les reconnaitra jamais, en réfutant totalement toute négociation en faveur de l’employé qui savait pertinemment que son embauche, n’étant pas « un choix délibéré de l’entreprise », lui vaudrait surement des pressions en perspectives…

6 avril 2010 : Pour avoir défendu les intérêts de plusieurs clients dans la même journée en rappelant à une entreprise de service(prestataire EGP) qu’elle ne tenait pas ses engagements vis à vis des clients (..vous faite acte d’incompétence ! ) dixit S.D, il s’ensuit une lettre de 3 pages du prestataire de service rappelant à l’ordre la Fnac :
« ..Un comportement aussi méprisant à notre égard n’est pas tolérable, c’est pourquoi je vous demanderai à l’avenir de ne plus agir de la sorte et d’essayer de trouver une solution constructive.. » dixit le prestataire à l’encontre de S.D.

Depuis quand les entreprises sous-traitantes donnent-elles des ordres à leurs clients?

28 avril 2010 : Entretien préalable à une sanction, on reproche à S.D son comportement « véhément » et limite agressif avec le prestataire en lui lisant la lettre de celui-ci de 3 pages et en voulant qu’il confirme toutes les « élucubrations » qui lui sont reprochées dans cette lettre. Excepté le fait d’avoir dit à l’entreprise prestataire qu’elle faisait « …acte d’incompétence… », S.D nie absolument tout ce qui lui est reproché en masse lors de son entretien et propose même de s’excuser auprès du prestataire.

20 mai 2010 : S.D reçoit un avertissement qui lui rappelle que son attitude « ..nuit grandement à l’image irréprochable que souhaite donner la Fnac de la qualité de ses services dans la ligne du projet « 100% révolution clients.. ».

Parlons-en de « l’image irréprochable »…!

16 Juillet 2010 : Entretien préalable à un licenciement, S.D convoqué alors qu’il est en arrêt maladie est encore réprimandé sur la manière « véhémente » avec laquelle il s’est entretenu en privé avec son responsable lors d’un entretien professionnel. On lui reproche bien son comportement sur « la forme » et non sur « le fond ». S.D répondra qu’il a répondu à son responsable de la même manière que celui-ci s’adresse à lui quand il fait le point sur certaines faiblesses de ses objectifs hebdomadaires.

22 Juillet 2010 : S.D reçoit une lettre de 3 pages lui annonçant qu’il est licencié.

La direction reproche à S.D son ton « véhément » comme si on reprochait à un méridional son accent . C’est certain, c’est plus facile de lui reprocher son comportement sur « la forme » que sur « le fond », aurait-il dit tout haut ce que tout le monde pense tout bas ?
Oui peut-être, car ici à Rouen aujourd’hui, il faut faire profil bas, tout ce qui est dit ou fait peut être retourné contre vous !
Pour le cas présent c’est « l’excuse » pour se débarrasser d’un employé indésirable qui ne se laisse pas faire.